Bien que le cessez-le-feu négocié sous l'égide de l'ONU en avril 2022 ait officiellement expiré six mois plus tard, les combats terrestres majeurs entre les forces houthies et la coalition progouvernementale sont restés relativement contenus, l'Arabie saoudite cherchant prioritairement une porte de sortie diplomatique pour sécuriser sa frontière sud et préserver ses méga-projets économiques (Vision 2030).
Le rétablissement des relations diplomatiques entre Riyad et Téhéran en mars 2023 sous médiation chinoise avait initialement suscité l'espoir d'un accord de paix durable au Yémen. Toutefois, ces perspectives ont été brutalement balayées par le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza le 7 octobre 2023.
Revendiquant leur solidarité avec la population palestinienne, les Houthis ont ouvert un front maritime sans précédent en ciblant les navires commerciaux transitant par la mer Rouge et le détroit de Bab el-Mandeb. Cette posture leur a permis de consolider leur légitimité populaire interne tout en s'érigeant en acteur incontournable de « l'Axe de la Résistance » mené par l'Iran.
En réponse, les États-Unis et le Royaume-Uni ont lancé en janvier 2024 l'opération Prosperity Guardian, combinée à des frappes préventives sur les lanceurs et radars houthis au Yémen. Parallèlement, l'Union européenne a déployé la mission navale défensive Aspides. Cependant, ces mesures militaires n'ont pas réussi à restaurer la confiance des armateurs internationaux, dont les géants Maersk, CMA CGM et Hapag-Lloyd continuent d'éviter massivement la mer Rouge.
Les analystes s'accordent à dire qu'une résolution pérenne du conflit yéménite est désormais tributaire d'un règlement plus large de la confrontation régionale entre Washington/Israël et l'Iran, maintenant le Yémen dans une situation d'instabilité structurelle prolongée.